Découvrir la villa Perrusson

"La villa Perrusson est le plus beau témoignage conservé des hommes et des femmes qui ont façonné la céramique en Bourgogne à la toute fin du XIXe siècle. Cette maison est un catalogue sur toutes ses façades et toitures colorées qui, à leur époque, étaient parmi ce que l'on faisait de mieux."

La famille Perrusson, l'aventure de la céramique

La famille Perrusson, l'aventure de la céramique

A Ecuisses, en 1860, Jean-Marie Perrusson, fils d’un batelier sur le canal du Centre, se lance dans la fabrication de pièces produites à partir d’argiles extraites sur place.
Sur les rives du canal du Centre, cette villa édifiée à partir de 1869 par une famille d’entrepreneurs céramistes est l’un des témoins de notre histoire industrielle locale. Leurs productions de céramiques, de tuiles mais aussi de bustes ou de statues ont connu très rapidement une renommée nationale, allant jusqu’à participer à l’exposition universelle de 1889.
Les établissements Perrusson comptent parmi les nombreux sites de production de céramiques architecturales établis, à la fin du XIXe siècle, sur les rives du canal du Centre.

Aussi loin que les documents d’archives permettent de le constater, le nom Perrusson se trouve lié aux voies d’eau. À Écuisses, en 1860, Jean-Marie Perrusson, fils d’un batelier, se lance dans la fabrication de pièces produites à partir d’argiles extraites sur place.
Les Perrusson n’auraient probablement pas vécu l’aventure de la céramique sans le développement des entreprises Schneider et Cie au Creusot, de la Grande Tuilerie de Bourgogne à Montchanin et, dans une moindre mesure, de la Compagnie des mines de Blanzy à Blanzy-Montceau, dont ils étaient les prestataires de service. Cette activité de voiturier par eau leur a fourni un observatoire de choix des tendances de l’économie.
Vers 1860, les Perrusson décident d’abandonner le voiturage par eau comme activité exclusive et se lancent dans l’industrie céramique, modestement d’abord, sous la forme d’une briqueterie en 1860, puis d’une tuilerie en 1862. L’ascension sociale est rapide. Les activités de voiturage par eau ont procuré à la famille une certaine aisance ; en l’espace d’une dizaine d’années, entre 1864 et 1870, la famille Perrusson accède au rang de notables. Elle abandonne alors la demeure familiale bâtie à Saint-Julien-sur-Dheune et s’en fait construire une autre, près de l’usine, du canal du Centre et de la voie ferrée, là où s’est déplacé le centre vital de la commune d’Écuisses.

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Une maison-catalogue, vitrine d’un savoir-faire

Une maison-catalogue, vitrine d’un savoir-faire

Chargée d’éléments décoratifs issus de la production de l’entreprise, la villa sert à exposer, ostensiblement, le catalogue de l’usine. On parlerait aujourd’hui de plan marketing et de showroom.

La construction de la propriété s’échelonne entre 1869 et 1900. Ses décors colorés sont créés et réalisés dans l’usine attenante, en collaboration avec l’architecte Tony Ferret et des artistes formés aux écoles d’art de Lyon et Paris.
Les commanditaires invités à déjeuner peuvent ainsi apprécier, sur pièce, la qualité des éléments céramiques présents sur les façades, décorant les parois intérieures de l’oriel, les pavements, les plafonds. Une large ouverture est judicieusement ménagée dans le parc arboré, offrant aux voyageurs de la ligne de chemin de fer une vue imprenable sur la villa et ses décors.

La villa Perrusson est située à proximité du canal du Centre dont le percement, débuté en 1784, révéla des gisements d’argile qui favorisent l’essor de la « vallée de la céramique » de Digoin à Chalon. De la quarantaine d’entreprises en activité entre 1820 et 1960, ne subsistent aujourd’hui que cinq unités en activité.

Hormis les bâtiments de l’administration de l’entreprise Perrusson-Desfontaines situés en bordure du canal du Centre, la villa est le dernier vestige remarquable de cette entreprise de transport par voie fluviale devenue entreprise de production de céramique et tuilerie, avec des sites de production développés à Ecuisses et Saint-Julien-sur-Dheune en Bourgogne.
Cette « maison-catalogue » unique en son genre, protégée au titre des Monuments historiques, illustre la réussite sociale de ces entrepreneurs, leur sens des affaires, de la communication et leur goût éclectique.

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Jardin à l'anglaise

Jardin à l'anglaise

Réhabilité dans l’esprit des parcs paysagers du XIXe siècle, avec son bassin, son orangerie, ses larges pelouses, ses arbres imposants et ses allées sinueuses ponctuées de massifs de buis aux formes courbes, il offre un écrin précieux à cette demeure bourgeoise.
 
Le jardin de la villa Perrusson a été certainement créé au moment de la première construction, c'est-à-dire autour de 1870. Après l’ajout de la partie Desfontaines, il fut quelque peu réduit.
On y construisit une orangerie pour conserver les plantes fragiles en hiver, seul élément décoratif du parc. À cette époque, le parc était relié à une autre parcelle en partie ouest, qui servait de potager et rejoignait les écuries situées un peu plus loin.

Les massifs, presque exclusivement plantés de buis, structurent le jardin.
Ils sont maintenus en bosquets denses taillés en formes courbes qui adoucissent le paysage.
Pour enrichir le lieu, des essences remarquables à port naturel ont été ponctuellement implantées dans ces massifs. On y trouvera une série d’érables, des chênes, un glédistsia, un liriodendron, etc. 

Autant d’essences qui manquaient dans la palette végétale typique des jardins du XIXe siècle. C’est pour cette raison, qu’un séquoia de 16 mètres a été planté près de la grande pelouse arrière. D’ici quelques années, l’arbre prendra toute sa majesté dans ce lieu.
Un espace plus travaillé et plus fleuri a été dessiné au pied de la façade Desfontaines. Il s’agit d’alcôves de verdure, qui conjuguent trois essences : le buis, l’if et le houx.
La pièce d’eau d’origine, dans le bas de la pelouse de l’entrée, a été remplacée par un bassin aux formes libres. Derrière lequel un petit tertre couvert de buis rappelle la représentation symbolique de la montagne. Cet artifice de jardin abritait très souvent dans ses entrailles la glacière de la propriété. Ici, la glacière n’a pas été reconstituée, mais l’artifice demeure.
Des rosiers anciens grimpants et rosiers lianes ont été plantés au pied des murs et des clôtures. Dans quelques années, leur grand développement offrira au regard de magnifiques coussins de fleurs à admirer de mai à juillet. Toutes les allées ont été retracées dans l’esprit des jardins à anglaise.

La restauration de la villa

La restauration de la villa

Un patrimoine préservé, un édifice sauvé

La villa Perrusson est propriété de la communauté urbaine Creusot Montceau depuis 2008.
Cette acquisition traduit la volonté de préserver le patrimoine, de valoriser l’histoire et l’identité locales, de développer l’aménagement culturel et touristique du territoire, de contribuer à son rayonnement. Au terme du projet de restauration, la villa Perrusson abritera un centre d’interprétation au milieu d’un jardin remarquable, faisant du site un lieu privilégié pour une halte bucolique, prétexte à mêler observation du milieu naturel et compréhension, à travers l’exemple Perrusson, d’une ascension sociale en plein XIXe siècle.

Les extérieurs de la villa ont été restaurés à partir des modèles reconnus et inventoriés, tout en produisant les éléments nécessaires à leurs entretiens. Des pièces ont été préparées, à cet effet, soit sous forme de contre-moule, soit conservées dans cette intention. L’objectif est atteint : restituer l’exacte réplique de l’ornement tout en assurant une mise en œuvre durable, qui implique des solutions techniques pour l’évacuation des eaux dans les assemblages, la stabilité structurelle, etc. (inclusion des évacuations d’eau, interposition de feuilles de plomb, réalisation d’une ossature inoxydable, invisible, complément indispensable aux emboîtements des éléments céramiques actuels).
Depuis juillet 2019, la restauration porte sur les intérieurs.

Grâce à la souscription publique ouverte sous l’égide de la Fondation du patrimoine, la communauté urbaine Creusot Montceau propose à tout un chacun de devenir acteur de ce projet. Chaque donateur bénéficie de déductions fiscales incitatives.
Pour les particuliers : don déductible de l’impôt sur le revenu à hauteur de 66% du don dans la limite de 20% du revenu imposable.
Don déductible de l’impôt sur la fortune à hauteur de 75% du don dans la limite de 50.000 €.
Pour les entreprises : réduction d’impôt de 60%, dans la limite de 5‰ du chiffre d’affaires.

Réhabilitation du jardin

Le réaménagement du parc vise à restituer un cadre permanent qui mette en valeur la villa et permette l’organisation d’expositions en plein air.
Pour atteindre cet objectif, il a été décidé de réintroduire dans ce lieu des essences plus nobles et plus durables.
 
La villa Perrusson a été construite sur une parcelle enclavée entre l’usine de production Perrusson et la voie ferrée qui relie Chagny et Le Creusot-Montceau. Le plan d’origine du jardin n’a pas été retrouvé. Cependant, son organisation spatiale est très caractéristique du style de jardin dit « à l’anglaise ». D’après les photographies de la famille Perrusson, les abords de la villa étaient fleuris par de nombreuses potées. 

Des bacs à orangerie plantés de lauriers ponctuaient l’espace. Le parc était ouvert et ensoleillé. Les terrasses sablées étaient des lieux de convivialité. Un bassin d’eau de forme ovoïde agrémente la pelouse du bas.
Pour retrouver l’esprit des jardins à l’anglaise, l’architecte paysagiste s’est appuyé sur trois grands principes :
-        Reconstituer une ceinture périphérique et une trame dense de buis pour constituer l’ossature du parc et ainsi fermer les vues au paysage extérieur (sauf côté voie ferrée).
-        Introduire dans les massifs de buis qui bordent les pelouses d’autres essences rares qui donnent de la variété et de la couleur,
-        Redessiner deux belles pelouses, véritables puits de lumière pour le parc et mettant en valeur la villa.